TRANSFORMATION & ORGANISATION

« A travers Digital Europe, promouvoir une approche Digital 1st »

Début mai, l’APSI annonçait qu’elle rejoignait Digital Europe, groupe de lobbying d’envergure européenne, afin de défendre les enjeux luxembourgeois à une échelle supranationale. Pour le président de l’association, Jean Diederich, il est indispensable de faire du digital une préoccupation première.

June 26, 2018

de g. à d.: Gabriel Bleser – Partner at Moyse Bleser, Letizia Lukas – Director at Exigo S.A., Jean Diederich – Président APSI, Chris Marcilla – Deputy Director KYC3.

« Nous en étions arrivés au constat que, au Luxembourg, les différentes associations portant des enjeux digitaux avaient tendance à se marcher sur les pieds. Cela a pour conséquence une manque d’efficacité, des difficultés à s’aligner sur les vrais enjeux. Si bien que, par rapport aux grandes transformations à l’œuvre à l’échelle de l’Union européenne, le Luxembourg perd du terrain », commente Jean Diederich, qui revient sur le choix de l’APSI de rejoindre Digital Europe.

 

Investir dans le digital et pas à travers lui

L’APSI a quitté le giron de la CLC fin mars pour optimiser les cotisation de ses membres et par la volonté de prendre de la hauteur et de valoriser le digital, non plus comme une fonction de support, mais comme un socle à part entière. « Au sein des différentes fédérations patronales, l’ICT est envisagé comme un moyen de transformer les métiers mais rarement comme un secteur d’activité autonome. Or, c’est une toute nouvelle économie qui se dessine aujourd’hui. Le digital ne doit plus être uniquement envisager comme un moyen à mobiliser pour servir les objectifs d’une industrie. Si l’on veut être performant dans le domaine de la technologie, il faut investir directement pour elle, et non plus à travers elle. Il faut inverser le modèle et inscrire le Luxembourg dans une approche Digital 1st », poursuit le président de l’APSI.

S’aligner sur l’agenda européen

L’APSI a trouvé dans Digital Europe un groupement partageant la même vision. « Les défis qui ont trait spécifiquement au digital, comme par exemple le développement des ressources et des connaissances, sont suffisamment nombreux et impliquent aujourd’hui d’y consacrer directement des moyens conséquents. Il nous faut gagner en maturité à tous les niveaux, pouvoir disposer des fondations solides pour construire notre avenir au cœur de cette économie des API et de la DATA, poursuit Jean Diederich. En la matière, il nous faut aussi regarder au-delà du Luxembourg. L’agenda n’est aujourd’hui pas fixé à l’échelle nationale mais directement dicté par les projets européens. »

En s’inscrivant au cœur de Digital Europe, l’association luxembourgeoise veut se positionner en phase avec ces grands chantiers et établir un relais entre Bruxelles et Luxembourg. « Nous voulons pouvoir faire entendre la voix du Grand-Duché au niveau européen, mais aussi pouvoir insuffler à l’échelle nationale les directions à prendre. Au sein du groupement, nous avons l’opportunité de discuter avec de nombreux autres 39 groupements professionnels issus de 29 pays mais aussi avec des grands acteurs de l’industrie, comme Airbus, Nokia, Samsung, Sony, Google, Amazon, CISCO. Ensemble, il s’agit de voir comment mieux appréhender les enjeux et, le cas échéant, pouvoir influer sur les directions prises par l’UE en la matière pour un développement plus cohérent à l’échelle du continent. »

Dépolitiser le débat

L’activité de Digital Europe se structure autour de quatre groupes de travail : e-skills, cybersécurité, politique et législation, modèles digitaux disruptifs. L’APSI s’investit particulièrement dans le dernier groupe. Un des enjeux, pour l’ASPI comme pour Digital Europe, est aussi de faire en sorte que le digital ne soit plus aussi dépendant du politique. « Les enjeux technologiques n’ont rien à voir avec la politique. Au Luxembourg et ailleurs, les débats en la matière sont encore trop emprunts de politique. Or, nous devrions tous pousser dans une même direction, pour garantir la performance indispensable au futur de nos économies », conclut Jean Diederich.

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