TRANSFORMATION & ORGANISATION

Soutenir l’éducation digitale des jeunes et libérer l’innovation des PME

Ma bonne résolution pour les 10 prochaines années par Jean Diederich, Président de l'APSI

September 24, 2025

Jean Diederich, président Association des Professionnels de la Société de l’Information (APSI)

L’Association des Professionnels de la Société de l’Information fête ses 25 ans. Nous avons demandé à son président, Jean Diederich, de nous faire part de ses souhaits et engagements pour un Luxembourg plus digital.

« Pour soutenir une démarche de digitalisation durable, plusieurs éléments sont essentiels et encore mal abordés au Luxembourg. Le premier, c’est l’éducation. Si la digitalisation refaçonne notre quotidien en profondeur, force est de constater que le milieu éducatif n’a pas encore suffisamment donné de place à la culture digitale.

C’est regrettable, car nous savons que nos enfants vont grandir au coeur d’une société technologique, confrontés à ses risques comme à ses opportunités. Dès l’adolescence, et souvent avant, ils se retrouvent avec un smartphone en main, bénéficiant d’une large autonomie dans la consommation des contenus qui y circulent.

Si nous voulons faire de nos enfants des citoyens responsables, acteurs du monde digital et non uniquement consommateurs, il est important que l’école prenne ces enjeux au sérieux et les intègre au coeur de son fonctionnement. Nous devons trouver des solutions pour leur donner les clés d’un usage éclairé et bénéfique.

Or, aujourd’hui, le réflexe est encore trop souvent d’interdire, en bannissant les smartphones des établissements scolaires. Il serait préférable d’en encadrer l’utilisation et de sensibiliser les jeunes aux risques, plutôt que de les ignorer. Le nombre encore trop élevé de cas d’usurpation d’identité ou de fraudes en ligne témoigne d’un manque de maturité digitale au sein de nos sociétés. Donner un smartphone à
quelqu’un sans lui apprendre à s’en servir, c’est comme lui permettre de conduire une voiture sans exiger de permis. Sur ce plan, nous avons pris vingt-cinq ans de retard. Et c’est à l’école, tout autant qu’à la maison, que nous devons développer une véritable culture digitale.

Un autre axe qui me tient à cœur, et sur lequel il est important de travailler, concerne la réglementation européenne. Aujourd’hui, nos dirigeants surréglementent au détriment des acteurs économiques, en particulier des PME. Les textes adoptés sont le plus souvent orientés vers les grands groupes, avec l’intention de préserver nos valeurs européennes. Or, ceux qui éprouvent le plus de difficultés à les appliquer, ce
sont nos PME. Elles sont contraintes de dépenser des sommes considérables pour mettre en place des outils de gouvernance et de contrôle, plutôt que d’investir dans la modernisation de leur environnement informatique, dans l’innovation et la création de valeur. Au final, c’est notre compétitivité qui en pâtit. »

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