HUMAN

Pour un CIO, le plus grand défi n’est pas la technologie : c’est l’humain.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous avons échangé avec Christine Huberty, CIO de la BIL. Elle partage avec nous sa vision du rôle de CIO, les défis humains de la transformation technologique et ses espoirs pour l’avenir.

March 9, 2026

Entretien avec Christine Huberty, CIO de la BIL

 

Le plus grand défi pour un CIO est-il d’ordre humain ou technique, et pourquoi?

Christine Huberty : Le plus grand défi pour un CIO est, pour moi, clairement humain. La technologie évolue vite, elle est complexe, mais elle reste maîtrisable : on peut acheter une solution, recruter une expertise, renforcer une architecture. En revanche, faire avancer une organisation entière dans la même direction, créer un langage commun entre les équipes techniques et les métiers, et maintenir une dynamique collective dans un environnement aussi exigeant qu’une banque systémique… c’est là que tout se joue.

Dans mon quotidien, ce qui fait la différence, ce n’est pas seulement la qualité des plateformes ou la robustesse des systèmes, mais la capacité des équipes à communiquer, à collaborer et à se faire confiance. La technologie ne crée de la valeur que si les femmes et les hommes qui la portent comprennent le sens de ce qu’ils font et travaillent ensemble, surtout dans un contexte où la résilience et la sécurité sont essentielles.

Le rôle d’un CIO, tel que je le vis, consiste donc autant à orchestrer des choix technologiques qu’à créer les conditions humaines pour que ces choix réussissent : aligner les expertises, fluidifier les échanges, encourager la transparence, et accompagner le changement. La technique est indispensable, mais c’est l’humain qui lui donne sa cohérence, sa vitesse et sa force.

 

Le rôle des CIOs évolue à mesure que la technologie devient un élément essentiel et stratégique des organisations. Quel aspect de votre travail appréciez-vous le plus, et pourquoi?

Ce que j’apprécie le plus dans mon rôle de CIO, c’est justement cette combinaison unique entre apprentissage permanent, connexion humaine et vision stratégique. La technologie évolue à une vitesse telle – avec l’IA qui prend une place croissante, la cybersécurité qui se complexifie, les modèles opérationnels qui se transforment – qu’il faut rester en mouvement, curieux, ouvert. J’aime profondément cette nécessité d’apprendre chaque jour, de comprendre ce qui arrive, ce qui émerge, ce qui peut transformer notre manière de servir nos clients et de protéger la banque.

Mais ce que j’apprécie encore davantage, ce sont les échanges humains que ce rôle rend possibles. Les discussions avec mes équipes, avec les métiers, avec nos partenaires technologiques, sont essentielles pour capter les tendances, confronter les idées, et surtout donner du sens à la technologie. Dans une banque systémique, rien ne se fait seul : la valeur naît de la collaboration, de la confiance et de la capacité à faire dialoguer des expertises très différentes.

Ce métier me plaît parce qu’il est à la fois tourné vers l’avenir – comprendre l’impact de l’IA, anticiper les ruptures, imaginer les architectures de demain – et profondément ancré dans le collectif. La technologie n’a d’impact que si elle est comprise, partagée et portée par les femmes et les hommes de l’organisation. C’est cette dimension humaine, alliée à la stimulation intellectuelle permanente, qui fait la richesse de ce rôle.

 

En ce qui concerne la Tech, quels sont vos espoirs pour vos clients et collègues à l’avenir?

Ce que j’espère pour nos clients et pour nos collègues, c’est que la technologie continue de devenir un véritable levier de protection, de simplicité et d’excellence relationnelle, sans jamais perdre de vue l’humain.

Pour nos clients, mon ambition est que les nouvelles technologies – et en particulier l’IA – nous permettent de les protéger encore mieux, de détecter plus tôt les risques et de renforcer la sécurité de leurs opérations. Mais au delà de la protection, j’y vois un moyen d’offrir une expérience client plus fluide, plus personnalisée et plus intuitive. L’objectif est de leur faciliter la vie : des services plus rapides, des conseils plus pertinents, un accompagnement qui anticipe leurs besoins plutôt que de simplement y répondre. La technologie doit nous aider à créer une relation plus attentive, plus proactive et plus humaine.

Pour mes collègues, je souhaite que les nouvelles technologies ne soient jamais perçues comme un remplacement, mais comme une opportunité de transformer leur manière de travailler. Elles peuvent libérer du temps, réduire la complexité, et leur permettre de se concentrer sur ce qui a le plus de valeur : la relation avec le client, l’analyse, le jugement, l’expertise. Mon espoir est que chacun puisse embrasser ces outils, développer de nouvelles compétences et dépasser les attentes en matière de client centricity. Quand la technologie est bien intégrée, elle amplifie le talent humain au lieu de le réduire.

En fait, je souhaite que la technologie reste un outil au service de l’humain : un outil qui protège, qui simplifie et qui renforce notre capacité collective à mieux servir nos clients.

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