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« L’IA n’est qu’un artifice rudimentaire de notre intelligence »

À l’heure où l’intelligence artificielle s’immisce dans toutes les sphères de notre quotidien, Albert Moukheiber invite à un double exercice d’humilité : reconnaître ce que nous ignorons encore du cerveau humain et développer un regard critique sur les technologies qui prétendent le reproduire.

July 14, 2026

Neuroscientifique et psychologue clinicien, Albert Moukheiber s’est fait connaître du grand public en déconstruisant les idées reçues sur le cerveau et les mécanismes de la pensée. Dans son ouvrage Neuromania, il dénonce l’exploitation abusive des neurosciences à des fins idéologiques ou commerciales.

À l’heure où l’intelligence artificielle s’immisce dans toutes les sphères de notre quotidien, il invite à un double exercice d’humilité : reconnaître ce que nous ignorons encore du cerveau humain et développer un regard critique sur les technologies qui prétendent le reproduire.

 

Comment expliquez-vous l’incroyable fascination de notre époque pour le cerveau ?

Je ne pense pas que cette fascination soit nouvelle. Depuis toujours, les êtres humains cherchent à mieux comprendre, à ne plus oublier, à mieux gérer, à apprendre plus vite, à rester jeunes… Cela s’est traduit de diverses manières, dépendant de l’état de nos connaissances. Les élixirs de jouvence d’hier ne sont finalement pas si éloignés des promesses de certaines méthodes d’optimisation cognitive d’aujourd’hui.

Ce qui a changé, c’est qu’une nouvelle porte scientifique s’est ouverte. À partir des années 1990, avec l’essor de l’imagerie cérébrale et notamment de l’IRM fonctionnelle, nous avons commencé à observer le cerveau d’une manière inédite. Comme à chaque avancée scientifique majeure, des personnes se sont engouffrées dans la brèche, s’appuyant sur les neurosciences, soit pour défendre des positions idéologiques, soit simplement pour gagner de l’argent. Et on voit le même phénomène se produire avec la physique quantique ou avec l’épigénétique, de façon plus ténues, ces matières étant moins intuitives. Les neurosciences nous parlent directement. C’est ce qui les rend particulièrement attractives… et en fait un terrain propice à l’instrumentalisation.

 

Dans votre livre, Neuromania, vous démontez les idées reçues, les faux discours et cette instrumentalisation. Finalement, à travers toutes ces belles paroles, il n’y a pas grand-chose de vrai…

Oui, certaines affirmations répandues sont tout simplement fausses, comme l’idée que nous n’utiliserions que 10 % de notre cerveau, ou encore celle d’un cerveau gauche créatif opposé à un cerveau droit analytique. D’autres reposent sur des éléments réels, mais sont tellement simplifiées qu’elles deviennent trompeuses. C’est le cas, par exemple, des discours sur les biais cognitifs ou sur la dopamine. Ce n’est pas complètement faux, mais c’est tellement réducteur que l’affirmation est fallacieuse.

 

“Depuis des siècles, nous comparons le cerveau à la technologie la plus avancée de notre époque.”

 

Quelles sont les conséquences de la propagation de ces discours trompeurs ?

Le problème, c’est qu’on finit par adhérer à des récits, qui paraissent scientifiques, mais qui réduisent excessivement la complexité du comportement humain. Nous nous laissons embarquer dans des narratifs fallacieux, simplificateurs, alors que la réalité est beaucoup plus complexe. On mérite mieux que ces récits.

 

L’erreur fondamentale n’est-elle pas d’essayer de tout expliquer à travers le cerveau ?

Oui, je pense que c’est un problème majeur. On cherche à expliquer nos comportements, nos décisions, nos relations ou nos difficultés exclusivement par l’activité cérébrale. C’est une forme de réductionnisme à outrance. De nombreux éléments déterminent nos comportements, nos décisions… Le cerveau est concerné par certains de ces mécanismes, mais pas toujours, et rarement seul.

 

Beaucoup de choses passent toutefois par notre cerveau. Mais que sait-on aujourd’hui de son fonctionnement, de son rôle, de la manière dont il nous conditionne ?

On sait qu’il est essentiel. Nous savons énormément de choses sur les mécanismes fondamentaux : les neurones, les synapses, les neurotransmetteurs, les connexions, la cartographie ou certaines grandes zones cérébrales, comme les cortex visuels, cognitifs, etc. En revanche, dès que nous abordons des fonctions complexes comme la mémoire, les émotions, la prise de décision, la conscience ou la collaboration humaine, les certitudes s’estompent rapidement. Quand on monte dans les fonctions cognitives, autour de questions philosophiques, si l’on souhaite expliquer comment la conscience émerge, si l’on dispose d’un libre arbitre, cela s’effondre. Les neurosciences ne sont pas en mesure d’expliquer pourquoi des personnes peuvent collaborer aisément le lundi, mais pas le mardi.

 

Pourtant, nous disposons aujourd’hui d’outils scientifiques très sophistiqués pour étudier le fonctionnement du cerveau. Par quoi sommes-nous aujourd’hui limités ?

Il existe une différence fondamentale entre observer et expliquer. Pendant longtemps, nous avons confondu les deux. Observer une zone cérébrale qui s’active ne signifie pas que nous comprenons pourquoi elle s’active, ni comment elle participe à un comportement. C’est un peu comme regarder un verre tomber et se briser : constater qu’il se casse ne suffit pas à expliquer les mécanismes qui produisent cette cassure, pourquoi et comment il se brise.

En outre, les études d’imagerie cérébrale sont souvent réalisées dans des environnements artificiels. Les personnes sont allongées dans une machine, isolées du contexte réel dans lequel elles prennent habituellement leurs décisions. Nous ne savons pas véritablement ce qui se passe dans le cerveau d’une équipe qui collabore en réunion ou d’un dirigeant confronté à une décision complexe. Nous disposons d’instruments extraordinaires par rapport à ceux d’il y a cinquante ans, mais encore très insuffisants pour comprendre pleinement le fonctionnement de cet organe.

 

Cela donne l’impression que, plus on sait sur notre cerveau, moins on comprend son fonctionnement…

Cela invite à une forme d’humilité. Nous savons déjà beaucoup de choses, mais beaucoup moins que ce que le grand public imagine. Et puis, ce que j’évoque dans Neuromania, c’est que nos comportements résultent d’interactions entre l’activité cérébrale, qui est évidemment centrale, mais aussi notre état physiologique et le contexte dans lequel nous évoluons. Nous ne pensons pas de la même manière lorsque nous sommes fatigués, lorsque nous avons faim, lorsque nous sommes en confiance ou lorsque nous nous retrouvons dans un environnement inconnu.
Il y a une modulation contextuelle déterminante, qui est pour le moment très difficile à étudier.

 

Et pourtant, le fait de mieux comprendre notre cerveau devrait nous aider dans la vie, au coeur de nos interactions, au travail. Non ?

Jusque-là, le niveau de connaissance que nous avons du fonctionnement et du rôle de notre cerveau ne permet pas de tirer des conclusions exploitables d’un point de vue fonctionnel. À terme, on pourrait imaginer que le fait de mieux comprendre notre cerveau va nous aider. Mais pour le moment, on n’y est pas encore. On est encore vraiment au début. Pour faire une analogie, on est éloigné du stade auquel notre compréhension du fonctionnement de la lumière a permis de faire des télécommandes infrarouges.

 

Dans les entreprises, les discours s’appuyant sur les neurosciences sont nombreux. Pour un manager, n’y a-t-il vraiment rien à retirer ?

Franchement, non. Il y a davantage à aller chercher dans le champ de la psychologie, autour des mécanismes de prise de décision, de la sécurité psychologique, dans le fait de laisser des personnes faire des erreurs dans une dynamique d’apprentissage.

Il y a plus à tirer des théories de la communication, pour s’assurer que l’information circule bien, qu’il n’y a pas d’asymétrie informationnelle qui peut faire en sorte qu’une équipe fonctionne moins bien. Tout cela relève de la psychologie, que l’on fait passer pour des neurosciences parce que cela fait un peu plus sexy.

 

Il n’empêche que beaucoup de croyances fausses circulent aujourd’hui dans l’entreprise. Comment expliquer cela ?

Parce que les entreprises cherchent souvent des solutions simples à des problèmes complexes. Lorsqu’une organisation rencontre des difficultés de coopération, d’engagement ou de transformation, il est tentant de chercher un outil miracle : un test de personnalité, une méthode de résilience, un atelier de team-building ou une explication neuroscientifique.

Or les véritables causes sont fréquemment structurelles. Elles touchent à l’organisation du travail, à la circulation de l’information, aux rapports de pouvoir ou à la sécurité psychologique. Ce sont des sujets moins séduisants, plus difficiles à traiter et qui demandent du temps. Les neurosciences deviennent alors parfois un vernis scientifique appliqué sur des problématiques qui relèvent en réalité de la psychologie ou des sciences sociales.

 

“La plupart des grands modèles d’IA répondent comme le ferait un américain moyen?”

 

Cela vaut notamment pour la fameuse « résistance au changement » ?

Oui. La résistance au changement est un concept un peu « bullshit ». Il a été développé au milieu du siècle dernier par Kurt Lewin. À l’origine, il désignait une propriété des groupes sociaux, pas des individus. Autrement, des groupes sociaux peuvent résister au changement, mais pas les individus. Aujourd’hui, dans le management, il est souvent utilisé pour justifier une approche descendante du changement. On justifie un passage en force, on impose une transformation, parce que les gens n’aiment pas changer. Ce n’est pas vrai.

Cette vision est réductrice. Au contraire, les individus changent constamment. Ce qui pose problème, ce sont souvent les conditions dans lesquelles les changements sont introduits ou les dynamiques collectives qui les entourent.

 

On accuse souvent les réseaux sociaux de nous rendre dépendants grâce à la dopamine. Cela aussi s’avère trompeur…

Pas vraiment. La dopamine est devenue une explication extrêmement commode. Elle permet de faire porter la responsabilité sur le cerveau de l’utilisateur plutôt que sur les choix de conception des plateformes. Or les grandes entreprises technologiques ne passent pas leur temps à manipuler notre dopamine. Elles réalisent surtout d’immenses expérimentations à grande échelle. Elles testent des dizaines de versions d’une même interface et conservent celles qui captent le mieux notre attention.

Le véritable enjeu réside davantage dans l’architecture des plateformes : le scroll infini, les vidéos courtes, l’absence de points d’arrêt naturels. Ces mécanismes empêchent les interruptions attentionnelles qui nous permettraient de décider consciemment d’arrêter. Autrement dit, le problème n’est pas lié à notre cerveau. Il réside aussi et surtout dans le design des outils que nous utilisons.

 

Cette fascination pour le cerveau se retrouve aujourd’hui dans notre rapport à l’intelligence artificielle. Comparer le cerveau à une machine est-il pertinent ?

Depuis des siècles, nous comparons le cerveau à la technologie la plus avancée de notre époque. Il a été comparé aux systèmes hydrauliques, aux rouages mécaniques, aux automates, au télégraphe, au code Morse, aux ordinateurs. Aujourd’hui, c’est la physique quantique. Quand on est face à une nouvelle technologie très poussée, on se dit que le cerveau doit fonctionner comme cela.

La particularité, avec l’intelligence artificielle, c’est qu’elle a été développée pour ressembler à notre cerveau. Les premiers réseaux neuronaux artificiels ont été conçus dans l’espoir de mieux comprendre l’intelligence humaine. Bien avant les IRM, l’idée était de créer une machine qui fonctionne comme notre cerveau, mais pour mieux le comprendre. Or, il n’y a pas de neurones dans la machine. Ce n’est qu’une modélisation mathématique de ces derniers.

 

Comparaison n’est pas raison… Est-il dès lors pertinent de comparer la puissance de l’intelligence artificielle aux capacités de notre cerveau ?

L’intelligence artificielle correspond à une inspiration assez rudimentaire de notre cerveau, à la perception qu’on en avait dans les années 50, autour de la synapse, du réseau neuronal. À l’époque, on ne savait pas très bien comment cela fonctionnait.

On a recréé un jeu de fils électriques, des noeuds d’échange, en se disant que, avec un coup de chance, cela allait marcher pareil. Mais cela ne marche pas du tout pareil.

 

“La résistance au changement est un concept bullshit, les individus s’adaptent en permanence.”

 

Et pourtant, on se laisse bluffer…

L’IA peut imiter des fonctions, produire des résultats similaires à notre cerveau, rédiger un texte, répondre à une question, traduire une langue, mais les mécanismes sous-jacents n’ont rien à voir avec ceux du cerveau humain.

 

Dire qu’une IA est intelligente est donc trompeur ?

Pas nécessairement, à condition de comprendre le sens du mot «artificiel ».

L’intelligence artificielle est un artifice d’intelligence. Une tentative de reproduire certaines fonctions humaines dans un environnement non humain. C’est ainsi que le terme a été conçu dès l’origine. Le problème survient lorsque l’on oublie cette nuance et que l’on attribue aux machines toutes les caractéristiques de l’intelligence humaine. Nous sommes encore très loin de cela.

 

Quels sont les principaux dangers que vous voyez émerger avec l’IA ?

J’en vois deux. Le premier concerne le pouvoir immense détenu par les acteurs qui contrôlent ces technologies. Ils disposent d’une capacité d’influence considérable sur nos usages, nos accès à l’information et potentiellement nos représentations du monde. Et nous n’avons aucun contrôle sur eux. Comment les gérer, les encadrer ? Il y a des questionnements de souveraineté publique et cognitive que nous devons mener.

Le second est plus subtil : c’est le problème de la confiance. Historiquement, nous avons appris à nous méfier des autres êtres humains. Nous savons qu’ils peuvent se tromper, mentir ou défendre leurs intérêts. En revanche, nous n’avons jamais appris à nous méfier de nos machines, parce que nous ne sommes pas habitués à ce qu’elles nous mentent. Une calculatrice ne ment pas. Une montre ne ment pas. Une pelleteuse ne ment pas.

L’intelligence artificielle introduit une rupture historique. Nous interagissons désormais avec des machines capables de nous mentir, ou du moins de produire des informations fausses avec beaucoup d’assurance. Nous devons apprendre à exercer vis-à-vis d’elles le même discernement que celui que nous appliquons naturellement aux humains.

Il faut donc se méfier, s’adapter…

Oui, mais l’adaptation demande du temps. Or, l’IA exerce déjà une influence sur nous, simplement parce qu’elle ne répond pas comme une calculatrice. À travers ces réponses, elle traduit une culture.

 

Qu’est-ce que cela signifie ?

La plupart des grands modèles d’IA répondent comme ce qu’on pourrait appeler un Américain moyen. On a tendance à croire que les réponses de l’IA sont non orientées. Alors que ce n’est pas vrai. Elles sont calibrées. Aujourd’hui, des études relatives à la psychologie de l’IA en attestent. Lorsqu’un humain donne un conseil, sa réponse est influencée par son tempérament, ses croyances, sa culture ou son environnement. Nous découvrons aujourd’hui que les IA présentent elles aussi des tendances relativement stables. Cela ne signifie pas qu’elles ont une personnalité au sens humain du terme, mais que leurs réponses reflètent les biais présents dans les données qui les ont façonnées. Si l’on parle de Grok, il répond même comme une personne d’extrême droite américaine.

La question devient alors : avons-nous réellement envie de recevoir certains conseils personnels ou sociétaux à travers ce filtre sans en avoir conscience ? Est-ce que l’on a vraiment envie que notre conseiller de vie soit un Américain moyen ? Il est important de se poser la question. Est-ce que ChatGPT est extraverti ou introverti ?

Ses réponses correspondent-elles à celle d’une personne jeune, progressiste, ou au contraire de quelqu’un qui est plus conservateur ?

 

Les craintes que suscite l’IA, en tant que menace vis-à-vis de nos emplois ou de nos fonctions cognitives, n’en disent-elles pas beaucoup sur notre manque de confiance envers nos capacités ?

Après, quand on crée des outils, c’est aussi pour qu’ils soient meilleurs que nous. C’est un débat vieux comme le monde. Lorsqu’on lui a dit que tout le monde allait apprendre à lire et à écrire, Socrate était inquiet pour la mémoire. On crée tout le temps des machines qui dépassent nos capacités. Évidemment, ChatGPT va pouvoir pondre un texte de 10 pages plus vite que moi. Je n’ai pas pour autant à avoir honte de mon cerveau. Au contraire, c’est pour cela que l’on crée. Si on développe des machines qui sont moins bonnes que nous, nous n’allons simplement pas les utiliser.

 

Au regard de l’influence que peut avoir l’IA sur nos vies, et de son adoption massive, les risques de dérives sont cependant réels. Au-delà de la méfiance, ou de l’esprit critique à développer, comment les prévenir ?

Nous avons besoin à la fois de régulation et d’hygiène numérique.

Il y a un danger le déploiement trop rapide de ces outils, sans donner les moyens à chacun de bien les utiliser. C’est un peu comme si vous donniez des voitures à tout le monde sans établir de code de la route.

L’automobile s’est déployée petit à petit, avec le développement des routes, l’instauration de limites de vitesse, l’obligation de porter une ceinture de sécurité. Pour l’IA, ça va beaucoup plus vite, mais on n’a pas encore créé le cadre social pour que cela se passe bien.

 

Il faut donc établir un cadre…

La régulation est indispensable. Nous devons exiger davantage de transparence sur les algorithmes, sur les données utilisées, sur les mécanismes qui gouvernent les réponses des IA et sur les modèles économiques qui les sous-tendent. Nous devons aussi exiger des règles qui garantissent la préservation de la vie privée, la manière dont sont exploitées les données. Il faut dire que ces machines ont été entraînées sur des connaissances humaines, sur mon livre, votre journal, les productions audiovisuelles de milliers d’artistes, des analyses de philosophes, sans avoir rien payé. C’est du vol. Si moi je pirate une série Netflix, je me prends une amende, mais OpenAI peut s’inspirer de toute la connaissance humaine et fait payer l’utilisation de ses outils. Doit-on laisser passer cela ?

 

À l’échelle individuelle, comment se prémunir des effets néfastes de l’IA et plus largement de la technologie, vis-à-vis de l’influence qu’elle exerce sur nous ou la manière dont elle capte ou détériore notre attention par exemple ? Faut-il se couper des Big Tech ?

Ce n’est pas possible. Dire aux citoyens de quitter les réseaux sociaux revient un peu à dire aux habitants d’une ville de renoncer à l’électricité pour mieux dormir. Ce n’est pas une solution réaliste. En revanche, nous pouvons collectivement exiger des environnements numériques mieux conçus, plus respectueux de l’attention et davantage alignés sur l’intérêt général.

Nous avons également besoin d’une forme d’hygiène collective face au numérique. Je parle volontairement d’une démarche collective, parce que ces enjeux dépassent largement les choix individuels. Vis-à-vis des Big Tech, nous avons besoin de rééquilibrer le rapport de force.

 

Retrouvez cet entretien dans l’édition Eté 2026 de TransforNation

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