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Le mainframe aux performances insoupçonnées
Moderniser sans exploser les budgets, c’est possible. Le ministère belge des Finances l’a prouvé en misant sur la technologie LinuxOne d’IBM.
July 17, 2025

Résultat : un système ultra-performant, fiable, et durable,parfaitement adapté aux enjeux actuels d’efficacité, de souveraineté technologique et de rigueur budgétaire.
Gamal Khaldi, aujourd’hui chez AmeXio, revient sur les enseignements clés de cette transformation stratégique.
Lorsqu’il est évoqué aujourd’hui, le concept de mainframe renvoie à une époque révolue. Notre imaginaire nous donne à voir une machine imposante et complexe à gérer, que peu oseraient encore toucher.
Ce n’est cependant pas l’avis de Gamal Khaldi, qui a rejoint l’équipe d’AmeXio pour développer une offre autour de la mise en oeuvre du système LinuxOne d’IBM. Son expérience, acquise lors de la mise en place d’un nouveau mainframe LinuxOne (un système qui ’identifie comme IBM Enterprise Linux serveur) au sein du Service Public Fédéral des Finances, vient en effet contredire les idées reçues.
« C’est en 2018 que j’interviens au ministère des Finances, à une époque où l’administration décide de moderniser son environnement système, notamment pour résoudre des problèmes de pannes régulières et garantir l’accès des solutions applicatives aux bases de données existantes », commente Gamal Khaldi, alors consultant. «La technologie utilisée à l’époque apparaissait comme dépassée. La solution en place souffrait également de choix malencontreux effectués quelques années plus tôt. »
UN SYSTÈME ESSENTIEL ET CRITIQUE
L’enjeu n’est pas anodin, tant le Service Public Fédéral Finances est au coeur du fonctionnement de l’État et de l’économie. Le bon fonctionnement de celle-ci dépend directement de la disponibilité des systèmes et des données gérés par l’administration. Ces données sont nécessaires pour permettre l’importation et l’exportation de marchandises, garantir l’accès aux infrastructures portuaires et aéroportuaires, et assurer les procédures de douane et d’accises.
Elles sont également utilisées par les notaires et le cadastre. Elles servent à la comptabilité de l’État, au calcul et à la collecte de l’impôt sur les personnes physiques et morales, ou encore à l’émission de bons d’État.
DISPONIBILITÉ, SÉCURITÉ, PÉRENNITÉ
« Peu de gens se rendent compte de l’importance de ces éléments pour le fonctionnement du pays. Si, demain, les systèmes ne sont plus accessibles, les employeurs ne peuvent plus garantir une paie conforme à leurs salariés », explique Gamal Khaldi. « Or, à l’époque, le ministère faisait face à deux ou trois interruptions quotidiennes.
Chaque incident se révélait être un casse-tête à résoudre. Dès lors, lorsque nous avons souhaité moderniser l’environnement système, nos choix ont été orientés par trois critères : la disponibilité des bases de données, leur sécurité et la pérennité de l’investissement. » En tant que conseiller, Gamal Khaldi procède à une analyse des possibilités. La donnée étant conservée dans des bases Db2, il recommande la mise en oeuvre d’une solution Enterprise Linux s’appuyant sur IBM® LinuxOne, d’abord pour faciliter la migration et garantir de meilleures performances à long terme. Le CIO du SPF Finances lui demande ensuite de rejoindre l’administration afin d’assurer la mise en œuvre du projet.
« Il était important de remettre de l’ordre à beaucoup d’endroits.
Nous avons mis en oeuvre un premier système. Si la tâche fut ardue, l’installation, une fois opérationnelle, a fonctionné pendant quatre ans et s’est distinguée par sa robustesse. Sur cette période, la récurrence des incidents était inférieure à un par an, souvent liée à un problème logiciel. »
DES PERFORMANCES EXCEPTIONNELLES…
Ce projet a surtout été riche en apprentissages. À tel point qu’en 2022, quatre ans plus tard, l’équipe est convaincue de mener une nouvelle migration pour moderniser davantage l’environnement.
« Autour de la même technologie, nous avons alors redéfini une nouvelle architecture pour remédier à d’autres problèmes, améliorer la gestion des transferts, accroître l’automatisation, renforcer la disponibilité, la stabilité et la sécurité », explique Gamal Khaldi.
La solution d’IBM constitue l’une des plus belles plateformes disponibles sur le marché. « Pourtant, peu de personnes la connaissent. Même les équipes d’IBM, à travers ce projet, lui ont découvert un potentiel insoupçonné », commente-t-il. « L’expérience acquise, tant dans la mise en œuvre que dans la réflexion architecturale, permet d’atteindre un haut niveau de flexibilité et des performances accrues. La dernière version mise en place, dotée de 125 processeurs IFL par système — soit l’équivalent de 5 000 coeurs Intel —, intègre des capacités d’optimisation automatique des performances. Elle est capable de gérer des millions d’entrées/sorties en parallèle. »
… À MOINDRES COÛTS
Les gains obtenus grâce à cette solution, qui s’appuie sur cinq baies de stockage réparties sur trois sites (dont un déconnecté), sont éloquents.
Le temps de réponse du système s’est amélioré de l’ordre de 300 à 800 %. Le système est capable de traiter 400 000 opérations par seconde en continu, avec amplement de réserves. Cela répond aux besoins du ministère, qui doit traiter plus de 1 500 milliards de requêtes chaque année.
« Les performances qu’offre une telle solution sont largement supérieures à celles d’un environnement cloud, pour un coût global nettement inférieur », explique Gamal Khaldi.
DES APPRENTISSAGES À PARTAGER
Désormais, à travers AmeXio, l’objectif est de faire bénéficier d’autres acteurs de cette expérience. Si la première version de la solution a nécessité 12 mois pour être pleinement opérationnelle, sa modernisation a été réalisée en un mois une fois le système a été physiquement installé.
« Les enseignements tirés de ces projets, que nous avons formalisés dans des playbooks, nous permettent aujourd’hui d’être très efficaces pour mener à bien de telles initiatives », assure l’expert.
Alors que les restrictions budgétaires sont omniprésentes et la souveraineté des données est de plus en plus importantes. Gamal Khaldi préconise aux organisations ayant besoin de puissance de calcul et de capacités de stockage étendues à considérer ce type de solution. Le projet mis en oeuvre au SPF Finances en atteste.
« Ne nous trompons pas. Si vous avez un volume de transactions important et un environnement dont la sécurité et disponibilité sont critiques, le cloud n’est pas toujours la meilleure solution. À partir d’un certain volume, il est plus intéressant de réinternaliser les workloads, en veillant à en garantir la maîtrise tout en évitant un vendor lock-in»,
conclut-il.
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