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La France peut-elle devenir un leader mondial de l’IA ?
A l’occasion de notre événement “Not just talk. Real-world AI business cases.” du 3 mars 2026 à la Chambre de Commerce, rencontre avec Julien Lescoulie, cofondateur et vice-président d’Oreus.ai.
February 24, 2026

Oreus.ai est un centre de données alimenté par 8 500 GPU NVIDIA, ce qui en fait le centre de traitement IA le plus puissant de l’Union européenne.
Nous avons interrogé Julien Lescoulie, cofondateur et vice-président d’Oreus.ai, sur les enjeux et les perspectives de la révolution de l’intelligence artificielle.
1. Quelles sont trois statistiques que nous devrions tous connaître à propos d’Oreus.ai ?
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OREUS est le premier opérateur français d’IA souveraine, opérant l’IA de l’infrastructure jusqu’aux utilisateurs finaux.
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Près de 800 millions d’euros investis dans une infrastructure stratégique de calcul (jusqu’à 8 500 GPU NVIDIA) en France, financés par Core42 et exploités exclusivement par OREUS.
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Premier AI Store souverain, avec déjà 400 agents disponibles.
2. Quelle application d’IA avez-vous découverte que vous considérez comme un véritable game changer ?
Pour nous, le véritable game changer n’est pas un modèle isolé : c’est l’IA en MOE, capable d’exécuter des tâches réelles dans l’entreprise, en toute sécurité.
Ce qui change la donne :
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Multi-agents + orchestration : une interface (VOX) qui appelle automatiquement l’agent le plus pertinent selon la demande, et demain en mode multi-utilisateurs / multi-agents (collaboration augmentée).
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Sécurité “by design” : les agents s’appuient sur un drive sécurisé et des droits d’accès différenciés (ex. : un agent RH n’accède qu’aux données RH).
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Passage à l’échelle supérieure par la distribution : un AI Store pour rendre les agents trouvables, activables et monétisables (et ainsi industrialiser les usages au lieu de refaire du sur-mesure à chaque fois).
3. La souveraineté des données européennes est-elle essentielle ou simplement « un plus » ?
Elle est essentielle. L’IA devient une infrastructure critique.
L’enjeu de la souveraineté réside dans la gouvernance des données et la gestion des infrastructures qui les hébergent.
Notre modèle repose sur :
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Une infrastructure implantée en France
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Une exploitation assurée par un opérateur français
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Des données hébergées et traitées sur le territoire national
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Une trajectoire vers la certification SecNumCloud
La souveraineté n’est pas une posture idéologique : c’est le contrôle opérationnel du calcul, des données et des usages.
4. Que prévoyez-vous de voir en 2026 dans le domaine du développement de l’IA ?
1. Une explosion des agents IA spécialisés
La vraie question sera : comment rendre l’IA utile, compréhensible et exploitable par tous ?
Nous passerons de conversations génériques avec des LLM à :
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Des agents verticaux
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Des copilotes métiers
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Des IA intégrées directement dans les workflows
Le sujet ne sera plus uniquement la performance du modèle, mais son utilité réelle.
2. Une IA plus accessible et économiquement viable
L’IA ne peut pas rester un outil premium réservé à quelques organisations.
La prochaine étape sera l’accessibilité massive : PME, collectivités, citoyens.
Rendre l’IA simple, opérationnelle et abordable sera un enjeu central en 2026.
3. Une nouvelle architecture des infrastructures
Nous verrons :
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De grands hubs de calcul
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Mais aussi des infrastructures plus légères et plus proches des territoires
La logique “Cloud-to-Edge” va s’accélérer : entraîner au centre, exécuter localement.
4. La souveraineté comme question structurante
En 2026, la question clé sera :
Qui détient la donnée ? Où est-elle localisée ? Sous quelle juridiction ?
La souveraineté deviendra une décision stratégique et contractuelle, et non plus seulement politique.
Le 3 mars 2026, rejoignez-nous pour “Not just talk. Real-world AI business cases.”, un événement réunissant les experts européens de référence pour passer de la théorie à l’impact réel.