Informatique quantique : les investissements explosent, les talents manquent
11 % des budgets R&D des entreprises sont consacrés au quantique, mais le manque de talents reste le principal obstacle.
December 10, 2025

Une récente étude IBM révèle que les investissements dans l’informatique quantique sont en forte hausse, mais que les entreprises européennes manquent de talents et de stratégies adaptés
- Investissements croissants : Les entreprises consacrent désormais 11 % de leur budget R&D à l’informatique quantique, contre 7 % en 2023.
- Tout le monde n’est pas prêt : Malgré ces investissements croissants, la moyenne du Quantum Readiness Index (QRI) reste limitée, avec un score moyen de 28 sur 100. Cela représente toutefois une augmentation de 6 points par rapport à 2023.
- Pénurie importante de talents qualifiés : 61 % des entreprises citent le manque de talents qualifiés ayant des connaissances en informatique quantique comme le principal obstacle, suivi de l’immaturité de la technologie (56 %), des calendriers incertains pour les use cases (46 %) et du coût élevé du matériel (41 %).
- Les pionniers ont une longueur d’avance : Les entreprises qui développent actuellement une stratégie quantique s’attendent à un retour sur investissement supérieur de 53 % à celui de leurs concurrents d’ici 2030.
Les investissements dans l’informatique quantique augmentent fortement à l’échelle mondiale, mais une récente étude d’IBM montre que la préparation à l’informatique quantique reste limitée. Les entreprises ont pourtant tout intérêt à agir rapidement si elles veulent tirer parti des avantages de l’informatique quantique. Les entreprises qui combinent intelligemment cette technologie avec l’IA et les supercalculateurs d’une part, et qui collaborent étroitement dans des écosystèmes quantiques d’autre part, prennent une longueur d’avance sur leurs concurrents.
Les investissements en R&D et la préparation à l’informatique quantique suivent globalement la même tendance à l’échelle mondiale, mais les entreprises européennes sont à la traîne en matière de talents qualifiés et de stratégie. La Belgique peut exploiter ce potentiel en tirant parti de ses centres d’innovation et de ses collaborations solides. Elle peut ainsi former des talents, renforcer les collaborations entre acteurs privés et publics et accélérer la mise en œuvre de la technologie quantique dans les entreprises belges. Tel était le message principal de la table ronde médiatique organisée lors de l’événement « Put AI to Work » d’IBM à Bruxelles, où les résultats de la récente étude Quantum Readiness ont également été présentés.
Lors de l’événement « Put AI to Work », des chefs d’entreprise et des leaders technologiques ont discuté du rôle de l’IA et de l’informatique quantique dans nos entreprises. Bart Windal, General Manager d’IBM Belgique & Luxembourg, a ouvert l’événement en soulignant que les entreprises doivent adopter l’IA à grande échelle si elles veulent vraiment faire la différence. Il a expliqué comment les entreprises belges peuvent résoudre le « puzzle du retour sur investissement de l’IA » et ainsi contrer la stagnation de la croissance de la productivité dans notre pays.
« Les entreprises belges constatent déjà les résultats tangibles de l’IA. Selon le baromètre IA d’EY, 60 % d’entre elles font état d’un impact financier positif. Mais le véritable retour sur investissement de l’IA ne provient pas de gains de productivité isolés ; il résulte d’une transformation stratégique et globale de l’entreprise », explique Bart Windal. « La question n’est pas de savoir si l’IA apportera de la valeur, mais à quelle vitesse. Du moins pour les chefs d’entreprise qui sont prêts à déployer l’IA de manière responsable, avec l’expertise et les politiques appropriées. »
La Belgique à un tournant : momentum ou action ?
Cette étude arrive à un moment crucial pour l’Europe. Des projets tels que le premier Quantum Datacenter européen d’IBM montrent que le continent souhaite jouer un rôle de pionnier dans le domaine de la technologie quantique.
Petra Florizoone, Director of Global Partnerships & Business Development pour IBM Quantum, et coauteure de l’étude, a souligné lors de la table ronde : « Notre dernière étude montre que l’informatique quantique gagne rapidement du terrain, mais que beaucoup d’organisations ne sont pas encore prêtes à exploiter pleinement son potentiel. Bien que les entreprises consacrent actuellement 11 % de leur budget R&D au quantique, les résultats ne suivent pas. L’Europe dispose déjà d’une base solide : nous avons les meilleurs centres de recherche et un réseau florissant de partenaires industriels. Nous constatons également un intérêt croissant pour le quantique en Belgique. Mais une chose est claire : attendre n’est pas une option. Les entreprises doivent investir dès maintenant dans une stratégie quantique et dans des talents, faute de quoi elles risquent bientôt d’être dépassées. »
Selon l’étude, le manque de talents qualifiés ayant des connaissances en informatique quantique (61 %) constitue le principal obstacle. Ce pourcentage atteint 90 % dans les organisations qui ont davantage intégré l’informatique quantique dans leur stratégie commerciale. Cela montre que le besoin en personnel qualifié augmente à mesure que le rôle de la technologie quantique prend de l’importance dans la stratégie commerciale.
Comment exploiter le potentiel quantique de la Belgique
Ce manque de connaissances adéquates chez le personnel qualifié a été l’un des thèmes centraux abordés lors de la table ronde médiatique exclusive « Unlocking Belgium’s Quantum Potential ». Les participants ont discuté de la manière dont la Belgique peut combler le fossé entre le potentiel de la technologie quantique et son déploiement pratique.
Au cours du débat, l’importance cruciale des écosystèmes pour attirer des talents qualifiés a été soulignée. Raf Degens, directeur général du Corda Campus, a insisté sur l’importance de la collaboration : « Pour que les start-ups quantiques réussissent, nous devons relever les défis classiques : l’accès aux talents, le financement et des environnements de test réalistes. Les campus tels que Corda sont essentiels pour faire le lien entre la recherche académique et les applications pratiques. En connectant les start-ups au réseau d’entreprises établies et de technologies, nous créons un terrain fertile pour le progrès. »
Le secteur financier présente de nombreux défis complexes qui attendent l’informatique quantique, ce qui rend d’autant plus nécessaire la mise en place de solutions pratiques. Thomas Rotté, Tech Lead Innovation Lab chez KBC, a partagé son point de vue : «Dans le secteur financier, nous sommes confrontés à d’énormes défis computationnels, de la modélisation des risques à l’optimisation des portefeuilles. Nous voyons le quantique et l’IA non pas comme des technologies autonomes, mais comme des outils essentiels pour résoudre plus efficacement des problèmes complexes, ce qui se traduit en fin de compte par une meilleure prestation de services pour nos clients. »
Petra Florizoone, Director of Global Partnerships & Business Development pour IBM Quantum, a résumé les différentes perspectives et plaidé pour rendre l’informatique quantique accessible : « Un écosystème quantique solide nécessite plus que quelques acteurs performants en informatique quantique – il exige une variété d’intérêts commerciaux, académiques et gouvernementaux qui collaborent pour atteindre le plus grand potentiel de l’informatique quantique. Chez IBM, notre mission est de rendre l’informatique quantique utilisable dans le monde entier et d’équiper les entreprises, y compris celles en Belgique, des outils et expertises nécessaires pour entamer leur propre parcours quantique. Grâce au réseau IBM Quantum Network, elles ont accès à la flotte d’ordinateurs quantiques la plus puissante au monde via le service Qiskit Runtime. »