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IA : la réussite des projets se joue d’abord sur le terrain humain
Au-delà de la technologie, la réussite de l’IA repose sur la capacité des collaborateurs à la comprendre, l’adopter et la maîtriser.
September 15, 2026

L’intelligence artificielle est souvent présentée comme une révolution technologique. Pourtant, pour Easi, acteur belge des services numériques présent aux côtés d’Anidris, la réussite des projets dépend moins de la puissance des outils que de la capacité des collaborateurs à les comprendre, les adopter et les maîtriser.
L’intelligence artificielle est partout. Dans les stratégies d’entreprise, dans les discussions entre dirigeants, dans les plans d’investissement et les feuilles de route technologiques.
Pourtant, derrière l’effervescence médiatique et les promesses de gains de productivité, une question demeure : comment faire en sorte que les collaborateurs adhèrent réellement à cette transformation ?
« Si la technologie ouvre de nouvelles perspectives, les interrogations liées à l’impact humain et au rôle des collaborateurs dans son adoption sont encore trop souvent négligées. »
Entre enthousiasme et inquiétude L’intelligence artificielle promet d’automatiser certaines tâches, d’accélérer l’accès à l’information ou encore d’améliorer la productivité des équipes. Mais pour de nombreux collaborateurs, son arrivée soulève aussi des questions plus fondamentales : quelle sera ma place demain ? Mes compétences auront-elles encore de la valeur ? Mon métier risque-t-il de disparaître ?
« L’intelligence artificielle ne va pas remplacer les équipes, tempère Rémy Otin-Eysseric. Ça va rendre leurs équipes plus compétentes et plus productives, à condition de prendre le temps de les former. » La nuance est essentielle. « Lorsqu’elle est présentée comme un substitut à l’humain, l’IA génère de la méfiance et du désengagement. Lorsqu’elle est perçue comme un levier permettant de développer de nouvelles compétences, elle devient au contraire un facteur d’engagement », poursuit le responsable.
Cette conviction s’appuie sur un constat largement partagé. « La technologie seule ne crée pas de valeur. Ce sont les femmes et les hommes qui l’adoptent, la comprennent et l’intègrent dans leurs pratiques quotidiennes qui transforment son potentiel en résultats concrets », poursuit-il.
Une vision portée par des valeurs humaines
Cette approche de l’intelligence artificielle ne résulte pas d’une simple tendance de marché. Elle s’inscrit dans une vision plus globale de la technologie portée depuis longtemps par Anidris et aujourd’hui renforcée par son intégration au sein du groupe Easi. « Nos deux structures, aujourd’hui réunies, partagent des valeurs fortes autour de l’excellence, de la responsabilité, de l’engagement, de la positivité et de la bienveillance, commente Rémy Otin-Eysseric. Nous nous distinguons par cette approche humaine de la technologie. »
Cette philosophie se traduit notamment par un modèle d’actionnariat participatif particulièrement développé. Après deux années d’ancienneté, les collaborateurs peuvent devenir actionnaires de l’entreprise et participer à son développement. Au-delà du modèle économique, cette démarche illustre une conviction forte : l’engagement des collaborateurs constitue le principal moteur de la performance collective.
« La réussite d’un projet IA ne se mesure pas à la puissance de l’algorithme, mais à l’adhésion des femmes et des hommes qui l’utilisent. »
L’intégration d’Anidris, structure orientée vers la gestion des infrastructures, au sein d’Easi, a permis d’élargir le champ d’expertises proposées, pour notamment aider les clients à aborder les enjeux d’intelligence artificielle. « L’humain reste cependant au coeur de l’approche. La technologie n’est jamais considérée comme une finalité. Elle doit rester au service des personnes, de leurs compétences et de leur capacité à créer de la valeur pour les clients », poursuit le Head of Sales & Marketing.
Le piège des projets purement technologiques
Cette vision conduit Anidris et Easi à porter un regard critique sur la manière dont de nombreux projets d’intelligence artificielle sont aujourd’hui abordés. Trop souvent, l’IA est encore considérée comme un projet essentiellement technologique. L’entreprise choisit un outil, le déploie et attend que les utilisateurs s’en emparent naturellement. Or la réalité est bien différente. « Les projets IA aujourd’hui sont des projets IT qui sont déployés. Mais derrière, personne ne s’est intéressé aux besoins des employés ou à l’usage qu’ils pourront réellement en faire. Pour les collaborateurs, cela peut susciter de l’inquiétude, une forme d’épuisement et entrainer une perte de sens. Des études pointent aujourd’hui ces effets délétères, poursuit-il. Dès lors, avant même de parler de modèles, d’algorithmes ou de plateformes, un travail de fond doit être réalisé. Il s’agit d’analyser les données disponibles, d’identifier les processus concernés, de définir les cas d’usage pertinents et d’évaluer les bénéfices attendus. Mais surtout, il faut préparer les équipes. »
Car une technologie, aussi performante soit-elle, n’aura qu’un impact limité si les utilisateurs ne comprennent pas son fonctionnement, ses limites ou la manière dont elle peut les aider dans leur quotidien.
” Vers un modèle d’« humain augmenté “
Pour Rémy Otin-Eysseric, la meilleure manière d’aborder l’intelligence artificielle consiste à la considérer comme un outil au service des collaborateurs. « Cette approche repose sur un principe simple : l’humain conserve la maîtrise. L’intelligence artificielle assiste, accélère et enrichit certaines tâches, mais elle ne remplace ni le jugement, ni la responsabilité, ni l’expertise, explique-t-il. L’IA n’est pas un outil de substitution. La formation, la montée en compétence doit permettre d’appréhender la nouvelle technologie, de l’utiliser pour améliorer le travail et la productivité, mais aussi de conforter chacun dans son rôle, en soutenant le bien-être au travail. »
Les exemples sont nombreux. Une IA peut générer une analyse, proposer un texte ou produire une synthèse. Mais la validation finale, la prise de décision et la responsabilité des résultats restent humaines. « C’est l’homme au- dessus de la machine. La machine est un outil pour lui. », précise-t-il.
Cette réalité rend la formation particulièrement importante. Apprendre à formuler les bonnes requêtes, comprendre les limites des modèles, identifier les erreurs ou les hallucinations potentielles : autant de compétences qui deviennent essentielles dans un environnement de travail enrichi par l’IA. L’enjeu n’est donc pas seulement technique.
Il est culturel, organisationnel et humain.
Préserver l’engagement, la confiance, les compétences
À l’heure où les investissements dans l’intelligence artificielle se multiplient, il peut être tentant de considérer la technologie comme la principale réponse aux enjeux de compétitivité. « Pourtant, l’histoire des grandes transformations économiques montre que les innovations créent durablement de la valeur lorsqu’elles sont adoptées par les personnes qui les utilisent, conclut Rémy Otin- Eysseric. La question n’est donc pas tant de savoir si les organisations doivent intégrer l’IA, mais plutôt comment elles peuvent le faire sans fragiliser l’engagement, la confiance et les compétences de leurs collaborateurs. »