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Gouvernance, cloud, IA : accélérer la transformation d’Arendt
Olivier Ramlot, CIO of the Year 2024, poursuit aujourd’hui sa carrière au sein d’Arendt.
January 20, 2026

« Son arrivée, en tant que CIO, marque une étape importante dans notre ambition de renforcer la gouvernance IT et d’accélérer notre transformation digitale, a annoncé Jean-Marc Ueberecken, Managing Partner d’Arendt & Medernach. Sa vision stratégique et sa capacité à fédérer les équipes autour d’une approche humaine et ambitieuse seront des atouts majeurs pour Arendt. » C’est en étroite coopération avec Jérôme Bouthors, COO du groupe, ainsi qu’ avec les nombreuses autres fonctions de support, qu’Olivier Ramlot s’apprête à relever de nouveaux défis.
Les deux responsables ont accepté d’évoquer ces challenges avec nous.
Dans quel contexte Olivier rejoint-il Arendt ?
Jérôme Bouthors : J’ai personnellement rejoint Arendt il y a deux ans, avec pour mission de traduire la vision au niveau opérationnel et de mener à bien des transformations essentielles, en lien avec nos divers métiers : du conseil juridique au sein du cabinet, aux services « regulatory & consulting » ou « services aux investisseurs » proposés par nos autres entités.
Ces deux dernières années, nous avons initié de nombreux projets de transformation. Nous sommes parvenus, je pense, à insuffler une dynamique positive de changement. Olivier nous rejoint pour poursuivre ces efforts, avec cette vision humaine et entrepreneuriale qui est la sienne. Le défi premier sera de mettre en place un ensemble de nouveaux éléments technologiques pour nous permettre de rester à la pointe de l’innovation.
Quels sont ces nouveaux fondements technologiques ?
Olivier Ramlot : Il s’agit d’accomplir un mouvement vers le cloud, afin de conférer aux entités d’Arendt une agilité renforcée et d’améliorer notre résilience. Au sein d’une structure comme Arendt, l’équipe en charge des systèmes d’information n’est pas énorme. Or, dans l’environnement actuel, il est important que les équipes puissent se concentrer sur des projets à haute valeur ajoutée, en phase avec les enjeux business.
Pour cela, nous devons nous appuyer sur une plateforme qui facilite la gestion des ressources, des correctifs ou encore des vulnérabilités. Ces gains d’agilité, en outre, doivent nous permettre de répondre plus efficacement aux attentes des soixante associés que compte Arendt, avec parfois des exigences très spécifiques.
Ce sont tous ces éléments, et particulièrement la dynamique entrepreneuriale propre à Arendt, qui m’ont séduit. Avec une équipe plus petite que dans mes précédentes missions, en disposant d’une plus grande autonomie et d’une réelle agilité, nous allons pouvoir porter des projets à réelle valeur ajoutée.
Comment la technologie refaçonne-t-elle le métier d’avocat, au coeur de l’offre d’Arendt ?
Olivier Ramlot : L’intelligence artificielle, aujourd’hui et plus encore dans les prochaines années, va s’intégrer au coeur des processus et transformer considérablement le métier. Toutefois, l’adoption de cette technologie implique de prendre en considération de nombreux enjeux, autour de la donnée, de la sécurité de l’information, mais aussi en matière de change management.
Jérôme Bouthors : Sur ces sujets, Arendt s’est positionné en first mover, en mettant en œuvre des solutions legaltech s’appuyant sur l’IA pour soutenir nos divers métiers. Il s’agit de continuer à avancer dans cette direction, en considérant les solutions disponibles. Nous évaluons tous les cas d’utilisation possibles et envisageons les outils et approches qui permettent d’y répondre de manière transversale.
Dans cette optique, nous avons aussi intégré une fonction AI Lead au sein de notre organigramme, dont la mission sera de fédérer les efforts en la matière, de mettre en place une gouvernance et de soutenir le business. Il s’agit de développer une vision IA qui a du sens, supportée par l’IT ou encore la formation.
Quel est le rôle de l’IT au cœur de cette transformation ?
Olivier Ramlot : Il est nécessaire de travailler sur un ensemble d’éléments, de la sélection à l’intégration des solutions. Aujourd’hui, tous les fournisseurs viennent avec des solutions d’intelligence artificielle. En amont, il faut aussi considérer les enjeux liés à la donnée et à la gestion documentaire. On ne peut pas créer des plateformes nous-mêmes, de bout en bout. Il nous faut contribuer à la mise en œuvre d’un environnement flexible et efficace, qui permette de profiter pleinement des possibilités offertes par la technologie tout en sécurisant les usages. Cela se construit progressivement, en misant sur les meilleures solutions.
L’adoption des outils IA implique aussi des enjeux majeurs en termes d’accompagnement du changement. Comment abordez-vous cela ?
Jérôme Bouthors : L’intelligence artificielle est un véritable outil de productivité. Ces outils doivent nous aider à gagner en efficacité, notamment dans la recherche d’informations et la production documentaire. La volonté est de regarder au-delà des cas d’utilisation les plus évidents. Il s’agit de repenser la manière dont nous envisageons notre métier, les affaires, l’expérience de nos équipes. Notre vision, toutefois, préserve la place de l’humain au cœur du processus et prône une approche responsable.
Oui, des efforts de formation, de sensibilisation et de renforcement des compétences sont indispensables. C’est un vaste et nouveau champ de possibilités qu’il nous faut appréhender. L’IA est un compagnon, une aide, mais ne doit pas remplacer l’expérience, le savoir-faire, l’écoute et la compréhension que nos équipes ont des problématiques de nos clients.
Olivier Ramlot : Pour les équipes IT elles-mêmes, la migration vers le cloud et l’adoption de l’IA constituent des évolutions importantes qu’il faut accompagner. C’est un changement de paradigme. On doit repenser les façons de procéder à tous les étages. Les possibilités que cela offre, à travers une intégration facilitée des solutions, doivent soutenir l’innovation à travers l’ensemble du groupe. L’IA va aussi nous aider dans cette dynamique, notamment pour renforcer la sécurité, suivre des indicateurs, produire des rapports…
Dans le cadre des services que nous fournissons, nous devons par exemple nous soumettre à de nombreuses due diligence. L’IA est un partenaire clé pour apporter des réponses aux nombreuses questions qui nous sont soumises. D’autre part, le métier de développeur, à l’ère de l’IA, est bien différent de ce que l’on a connu jusqu’alors. À tous les niveaux, il faut considérer les compétences dont nous aurons besoin à l’avenir, soutenir leur développement et envisager les meilleures manières de faire évoluer le cadre et les collaborateurs.
Le recours croissant à des solutions numériques induit de nouveaux risques, en matière de résilience ou de sécurisation des données.
En quoi est-ce un enjeu pour vous ?
Jérôme Bouthors : Le principal risque, pour Arendt, est réputationnel. Dans l’usage des technologies comme l’IA, nous devons être particulièrement attentifs à des enjeux éthiques, pour éviter des biais, par exemple. Il faut s’assurer que ce qui est délivré au client final est correct, pertinent, avec une réelle valeur ajoutée.
C’est aussi à cet égard que l’humain doit rester au centre et maître du processus.
Olivier Ramlot : La sécurisation de la donnée, à travers une gestion documentaire robuste, constitue un autre point d’attention majeur. Au regard de l’accélération des développements technologiques, entre risques et opportunités,
comment se positionne Arendt ?
Jérôme Bouthors : Arendt entend occuper une position de leader dans ces domaines. La volonté du groupe est d’ouvrir la voie, avec l’intégration de solutions phares, en déployant des agents IA auprès de l’ensemble des collaborateurs. À cet égard, Copilot est au cœur de notre stratégie et devient l’interface principale à travers laquelle les équipes interagissent avec les systèmes d’information. La volonté est aussi d’améliorer l’expérience client. Nous prônons à cet égard une
approche best of breed.
Olivier Ramlot : Le rapport des équipes à la technologie est appelé à évoluer fortement dans les années à venir, à tous les niveaux. Les équipes vont gagner en autonomie, avec la possibilité de redéfinir elles-mêmes leurs rôles. Nos équipes doivent se rapprocher des métiers pour leur apporter les bons outils. Derrière, des approches low code/no code vont progressivement être mises en oeuvre, ouvrant de nouvelles perspectives pour le business.
Comment bien accompagner ces transformations ?
Comment les équipes travaillent-elles ensemble ?
Jérôme Bouthors : Mon rôle est justement de coordonner les diverses équipes de support pour mener à bien les projets de transformation. Les équipes en charge de la sécurité, de l’IT, de la gestion des produits et des projets, de la logistique et des bâtiments, de l’IA, des opérations… sont sous ma responsabilité.
Il est aussi essentiel de travailler en étroite collaboration avec les RH. Le COO doit traduire la vision du business au niveau opérationnel, en visant l’excellence à tous les niveaux. Cela implique de coordonner les efforts au cœur d’une dynamique transversale.
Au-delà, chaque équipe sous ma responsabilité est encouragée à fournir sa propre vision, dans l’optique de contribuer à cette recherche d’excellence.
Quels seront les principaux enjeux pour les douze prochains mois ?
Olivier Ramlot : La discussion que nous venons d’avoir révèle que les challenges sont nombreux. Les nouveaux outils supportés par l’IT sont sources de belles opportunités. Les transformations s’accélèrent, les attentes se renforcent. Nous devons renforcer notre capacité à évoluer rapidement, tant dans les outils que nous déployons que dans la manière dont nous accompagnons les clients.
Plus que jamais, il est important que l’IT soit un support au développement de l’activité, et non un point de blocage. Pour cela, il faut être proche du métier et pouvoir mieux anticiper les évolutions à venir.
Jérôme Bouthors : Il est important que nous restions à l’avant-garde de l’innovation et, pour cela, de bien accompagner le changement. L’une des clés est de rendre nos équipes AI fluent, en leur donnant les clés pour interagir plus efficacement avec les agents IA. Ces nouveaux outils numériques doivent aussi nous permettre de nous élever au cœur de la chaîne de valeur, en gagnant en productivité et en renforçant notre capacité à accompagner nos clients.