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Dans l’open space avec ROMAIN GOSSENT

Responsable RH de Lombard Odier Europe, Romain Gossent évoque les enjeux d’un recrutement pensé sur le temps long, l’importance de maintenir l’employabilité des équipes et le rôle central de l’humain.

September 24, 2026

Responsable des ressources humaines de Lombard Odier Europe, Romain Gossent accompagne les collaborateurs d’une Maison qui fête cette année ses 230 ans et déploie ses activités dans six pays. Il évoque les enjeux d’un recrutement pensé sur le temps long, l’importance de maintenir l’employabilité des équipes et le rôle central de l’humain.

 

Mes 3 apps indispensables

1. Waze
“Pour passer le moins de temps possible sur les routes et le plus de temps”

2. Home Assistant
“Pour gérer toute la domotique de ma maison”

3. Copilot
“Pour structurer mes idées, reformuler des messages, préparer des documents ou prendre du recul sur certains sujets.”

 

 

Quels sont les grands enjeux auxquels vous êtes confronté actuellement en tant que directeur des ressources
humaines de Lombard Odier Europe ?

Le premier enjeu est lié au développement de notre activité. Nous faisons le choix d’une croissance organique exigeante, fondée sur la qualité des relations que nous construisons avec nos clients. Cela implique d’attirer et de former des banquiers privés capables d’incarner notre proposition de valeur et d’en exprimer les éléments différenciants. Notre modèle de gouvernance, non coté en bourse et porté par un actionnariat partageant une vision commune, nous offre un avantage précieux : la capacité d’inscrire notre stratégie dans le temps long.

Le deuxième enjeu est celui de l’employabilité, que nous abordons dans sa dimension humaine et motivationnelle. Dans un environnement en profonde mutation, notre responsabilité est double : garantir le développement continu des compétences de nos collaborateurs et créer un cadre de confiance propice à leur engagement. Enfin, notre approche du recrutement et des parcours professionnels s’inscrit résolument dans le long terme. Cela suppose de repenser en continu l’expérience collaborateur au fil des étapes de carrière, notamment en milieu de parcours.

 

Comment vous y prenez-vous pour trouver les bons candidats qui vont rester ?

Nous avons fait le choix d’une approche très proactive du recrutement. Nous disposons notamment d’une équipe de chasse de talents en interne. En parallèle, nous nous appuyons sur le réseau de  nos banquiers, qui connaissent bien notre culture et savent reconnaître les profils susceptibles de s’y épanouir. 

Nous prenons le temps d’échanger de manière ouverte avec les candidats, notamment sur leurs clients, leurs ambitions et ce que nous pouvons construire ensemble dans la durée.

Ce qui fait aussi la différence chez nous, c’est notre manière de travailler. Nous offrons autonomie et responsabilités à nos collaborateurs. Nous valorisons les profils curieux, qui aiment comprendre,  proposer des idées et faire évoluer les pratiques.

 

Dans quelle mesure cette autonomie contribue-t-elle à fidéliser vos employés ?

Elle joue un rôle clé. Nous constatons des résultats très concrets, avec un taux de turnover volontaire autour de 5 %, ce qui est particulièrement faible pour notre secteur.

Lorsque des opportunités se présentent, notre premier réflexe est de regarder en interne. Nous encourageons la mobilité, qu’elle soit fonctionnelle ou géographique, et nous accompagnons nos
collaborateurs dans ces transitions. 

Ce que nous proposons, au fond, c’est un cadre où l’on peut évoluer, se réinventer et construire dans la durée, sans avoir besoin de quitter l’entreprise.

 

Quelles évolutions avez-vous vécues ces dernières années
dans les ressources humaines ? Est-ce que l’IA a fortement impacté votre métier ?

Ces dernières années ont confirmé une conviction forte : au cœur des ressources humaines, il y a avant tout la relation humaine. Notre rôle reste d’accompagner, d’écouter, de conseiller et de créer du lien. 

L’intelligence artificielle nous permet aujourd’hui de gagner du temps sur certaines tâches, comme la rédaction de contrats ou prochainement, peut-être, le contrôle des données de paie, en améliorant à la fois la rapidité et la fiabilité.

 

“Loin de remplacer la fonction RH, l’IA renforce en réalité ce qui fait sa valeur.
Elle nous libère du temps pour nous concentrer sur l’essentiel : nos collaborateurs.”

 

Est-ce que les questions de durabilité ont de l’importance dans votre entreprise et dans votre manière de travailler ?

Oui, la durabilité est un pilier important de notre stratégie et de notre identité. 

Cela se traduit d’abord dans notre approche des investissements. Nous sommes très attentifs aux choix que nous proposons à nos clients et nous développons activement des solutions d’investissement durable, en cohérence avec nos convictions de long terme.

Nous cherchons aussi à être exemplaires dans notre fonctionnement au quotidien. Cela passe, par exemple, par la réduction de notre empreinte carbone en limitant nos déplacements lorsque cela est possible, en favorisant les réunions à distance ou en encourageant les solutions de mobilité plus responsables comme les véhicules électriques. Cette démarche se reflète aussi dans nos infrastructures. Je me réjouis du déménagement en 2027 de notre siège à Luxembourg dans un bâtiment à haute performance énergétique. 

 

Comment faites-vous pour gérer des ressources humaines étalées sur six pays différents ?

C’est avant tout une question de confiance et d’organisation. Nous travaillons avec des équipes locales et des partenaires de confiance qui apportent leur expertise sur les aspects réglementaires et fiscaux notamment.

L’enjeu est ensuite de trouver le bon équilibre entre adaptation locale et cohérence globale. Chaque pays a ses spécificités, que nous respectons, mais nous veillons à maintenir un cadre commun et un traitement équitable pour l’ensemble de nos collaborateurs.

Cette recherche d’équité peut parfois représenter un effort supplémentaire pour l’entreprise, mais c’est un choix assumé. Nous voulons que chaque collaborateur, qu’il soit à Madrid, Paris ou ailleurs,
se sente traité avec la même attention et le même niveau d’exigence. 

Certaines initiatives sont ainsi déployées à l’échelle du groupe et adaptées localement. Les tickets restaurant en sont un bon exemple : le format et les montants peuvent varier, mais l’objectif, qui est d’offrir un bénéfice utile et cohérent à tous, reste le même.

 

J’imagine que vous êtes amené à beaucoup voyager dans le cadre de votre fonction ? Comment conciliez vous cela avec votre vie de famille ?

Oui, je me déplace régulièrement, en moyenne toutes les deux à trois semaines. L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle est une question d’organisation et de priorisation. J’attache beaucoup d’importance à préserver des moments de qualité avec ma famille.

Par exemple, je tiens à accompagner mes enfants à l’école le matin, ce qui constitue un rituel important pour nous. Et lorsque je suis en déplacement, la technologie permet de rester présent malgré la distance.

 

 

Bureau ouvert ou bureau fermé ?

Mon bureau est presque toujours ouvert.
J’aime pouvoir échanger facilement, de manière informelle et sans barrière.
Le fait d’être situé juste en face de la machine à café aide d’ailleurs beaucoup :
c’est un lieu de passage naturel, qui favorise les conversations spontanées.

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