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Un Chinois mal noté socialement se verra interdit de train

En Chine, le gouvernement récolte les données fournies par les réseaux sociaux, le fisc ou encore la police pour établir une « note sociale » pour chaque citoyen chinois.

April 5, 2018

A partir du 1er mai 2018, les Chinois les moins bien notés se verront interdire l’accès à l’avion ou le train. Ou quand l’épisode intitulée Nosedive de la série Black Mirror trouve un écho bien réel au cœur de l’Empire du Milieu.

Les amateurs de la série Black Mirror gardent certainement en mémoire l’épisode qui ouvre la troisième saison. Intitulé Nosedive, il révèle un monde pastel, dans lequel les sourires en rue et dans toutes les petites interactions sociales du quotidien, de l’ascenseur au moment où l’on commande son café, sont pour le moins forcés. Tout y parait faux, avec ce côté guimauve qui va jusqu’à l’écœurement, pour la simple raison que le rang de chacun au sein de cette société dépend de la note que chacun peut exprimer à l’égard d’autrui. Et personne ne se prive pour noter chacun, en bien ou en mal, en deux clics sur son smartphone, suite à un sourire ou une malencontreuse bousculade en rue. Une publication « a-do-rable » sur les réseaux sociaux vous permet d’accéder à une note appréciable, tout comme, un merci dans un mail professionnel. Une remontrance, et votre score dégringole sans que vous ne puissiez moufter, au risque de la voir s’enfoncer encore plus.

Dans cette société, de la note sociale qui définit chaque individu dépend l’accès à certains logements de standing, à des services particuliers… Comme la série Black Mirror sait si bien le faire dans sa manière d’extrapoler les dérives liées à l’usage de la technologie, cette vision de la société a tout nous mettre mal à l’aise, citoyens occidentaux épris de liberté que nous sommes. Heureusement, il ne s’agit là que d’une fiction…

Interdiction de train pour faute sociale

Aussi, cette information récemment relayée par l’agence Reuters trouve un drôle d’écho auprès de tous ceux qui ont vu cet épisode. On y apprenait que la Chine expérimente depuis plusieurs années un système de note sociale. Depuis 2014, en effet, les données fournies par les réseaux sociaux, les smartphones, mais aussi par la police, les tribunaux ou encore le fisc sont collectées pour chaque individu. Elles sont précieusement centralisées pour en faire une sorte de fiche de réputation de chacun.

A partir du 1er mai, nous apprend l’agence, le gouvernement chinois se servira de cette « note sociale » pour empêcher les Chinois les plus mal notés de voyager en train ou en avion.

Reuters précise que plusieurs signes poussent à croire que cette mesure, si elle parait neuve, a déjà pris effet. Au début de l’année 2017, la Cour suprême avait déjà annoncé lors d’une conférence de presse que plus de six millions de Chinois avaient reçu l’interdiction de prendre l’avion pour « faute sociale ».

La mise en œuvre d’une base de données du crédit social s’inscrirait dans la ligne politique du président chinois Xi Jinping. Elle répond au principe «Once untrustworthy, always restricted» («Une fois que l’on n’est plus digne de confiance, on se retrouve restreint à jamais»), bien éloignée de nos considérations européennes, de notre culture de la liberté.

Ces critères qui peuvent vous amener sur liste rouge

Rentre notamment en ligne de compte pour l’établissement de ce qui s’apparente à une « note sociale », le comportement, le casier judiciaire, les opinions politiques, divers actes comme la diffusion de fausses informations, la fraude dans un train ou encore un mauvais comportement en avion, comme le fait d’y fumer. Des individus qui ont déjà rencontré des problèmes pour rembourser un crédit ou une assurance sont également visés.

Les personnes mal notées seront dès lors placées sur liste rouge. Avec pour conséquence qu’elles ne pourront accéder ni aux trains, ni aux avions pendant un an.

 

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