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Afterwork avec Tun Di Bari, CEO de Dussmann
Tun Di Bari revient sur près de 30 ans chez Dussmann et sur le rôle croissant du numérique dans les métiers du facility management.
September 29, 2026

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Premier employeur privé du Luxembourg, Dussmann compte quelque 5 400 collaborateurs. Son CEO, Tun Di Bari, a rejoint l’entreprise en 1997. Depuis, il y a occupé de nombreuses fonctions, accompagnant sa croissance et sa transformation.
Il revient sur son parcours et évoque la manière dont le numérique soutient aujourd’hui l’activité, jusque dans les métiers du facility management.
Votre parcours au sein de Dussmann témoigne d’une fidélité rare. Pouvez-vous nous le retracer en quelques mots ?
Après des études de droit, j’ai rejoint l’entreprise en tant que contrôleur interne. À l’époque, Pedus était une entreprise familiale en croissance, avec quelque 950 collaborateurs, et déjà un attrait fort pour l’informatique.
À mon arrivée, il y avait beaucoup à faire pour structurer les départements dans l’optique de soutenir le développement. La direction de l’époque m’a fait confiance et m’a laissé une grande liberté pour mener les chantiers qui nous semblaient importants.
J’ai créé ma propre fonction et me suis positionné là où je pensais pouvoir être utile. Mon parcours, jusqu’à la fonction de CEO, après être passé par des responsabilités administratives et RH, s’inscrit dans une logique d’évolution naturelle.
Premier employeur privé du pays, vous évoluez dans un secteur particulièrement concurrentiel.
Quelles ont été les clés de votre succès ?
Il est vrai que le secteur est concurrentiel. Mais je considère cela comme une bonne chose. Parce que, seuls, nous ne pourrions pas tout faire. La concurrence nous oblige à nous réinventer et à continuer à avancer pour mieux répondre aux besoins du marché, en nous concentrant sur ce que nous savons faire de mieux.
Notre activité s’articule aujourd’hui autour de quatre piliers complémentaires liés à la maintenance technique des bâtiments : le facility management, avec le nettoyage, l’entretien des espaces extérieurs et les services de réception ; le gardiennage et la surveillance ; le catering ; puis notre dernier bébé, une blanchisserie industrielle spécialisée notamment dans le linge plat.
Quels sont les principaux défis inhérents au développement de votre activité ?
Le principal défi réside dans l’amélioration de notre compétitivité afin de garantir la rentabilité et la pérennité de l’activité. Les hausses importantes des coûts exigent une vigilance constante.
L’enjeu est aussi d’accompagner nos collaborateurs, qui constituent le capital le plus important d’une entreprise comme la nôtre, dans un environnement devenu particulièrement incertain.
Au regard de votre activité, le numérique constitue-t-il un levier d’amélioration de la compétitivité ?
L’adoption des techniques et technologies les plus récentes constitue un levier essentiel d’amélioration de notre rentabilité. Si cela n’est pas forcément évident, nos métiers impliquant une présence humaine sur le terrain, il ne faut être ouvert aux technologies qui peuvent nous faire gagner un temps précieux au quotidien.
Des solutions comme les aspirateurs autonomes ou les autolaveuses facilitent l’exercice de nos missions et soutiennent nos équipes dans l’exécution de tâches pénibles. Avec l’émergence de l’intelligence artificielle, la technologie doit nous rendre encore plus performants.
Comment cela se traduit-il ?
L’un des enjeux majeurs touche à la planification des ressources humaines. Nous devons nous assurer que les prestations à réaliser, aux quatre coins du pays, le soient effectivement. La technologie, en s’appuyant sur nos données, permet d’optimiser les plannings, nous aide à trouver les bonnes personnes pour les diverses missions qui nous sont confiées et améliore le suivi sur le terrain. En la matière, nous avons depuis toujours beaucoup investi dans le numérique, conscients que ces outils contribuent à améliorer le travail, à renforcer la transparence dans la gestion, tant vis-à-vis de nos clients que de nos collaborateurs, et à offrir une meilleure expérience à chacun.
Ces dernières années, par exemple, nous avons mis une application à disposition de nos équipes. Elle leur permet de déclarer leur présence chez nos clients, mais aussi de faire facilement remonter des problèmes ou des remarques afin d’en faciliter la résolution.
La fidélisation des talents, dans un métier comme le vôtre, doit aussi être un enjeu essentiel. Comment l’abordez-vous ?
Oui. Et je dois souligner que nos collaborateurs nous sont, dans l’ensemble, très fidèles. Je suis toujours très heureux de pouvoir célébrer chaque année des collaborateurs qui comptent 15, 20, voire 30 ans d’ancienneté au sein de l’entreprise. Cette fidélité doit beaucoup à notre culture d’entreprise et au sentiment d’appartenance qui nous unit. Cela commence par la reconnaissance que nous témoignons à chacun. Nos collaborateurs sont nos premiers ambassadeurs.
Ce sont eux qui créent la valeur. À cet égard, il est essentiel de les considérer avec respect et d’agir avec équité envers chacun.
Au regard de la taille de l’entreprise, cela ne doit pas être forcément évident…
Évidemment, la gestion d’une entreprise de cette taille ne permet pas de contenter tout le monde. Il faut pouvoir composer avec des intérêts parfois divergents. Cependant, cela doit se faire dans le dialogue, en faisant preuve de respect, d’écoute et d’ouverture. Une entreprise de cette taille ne se gère pas toute seule. Il faut s’entourer des bonnes compétences, mais aussi structurer l’organisation afin de répondre aux attentes des clients comme à celles des collaborateurs.
La communication et les relais sur le terrain sont essentiels afin d’être à l’écoute des problématiques et de pouvoir trouver des solutions collectives aux défis qui se présentent. Comme je le disais, notre premier capital, ce sont les personnes qui travaillent chez nous. Il est donc également important d’investir dans celles et ceux qui nous accompagnent afin de leur permettre d’évoluer et de grandir avec nous.
Vous êtes aussi actif au sein des organes de représentation du secteur, notamment au niveau de la Fédération des Artisans. Pourquoi est-ce important ?
Au regard de notre taille, nous devons pouvoir agir sur les éléments importants susceptibles d’avoir un impact sur notre activité. Je pense notamment à la négociation des conventions collectives. Nous ne pouvons pas nous permettre de subir des décisions qui nuiraient à la pérennité de l’activité. Au contraire, nous voulons être présents pour apporter des solutions et répondre aux intérêts du plus grand nombre.
Être actif au sein de ces instances permet aussi de développer une vision globale des enjeux et de mieux appréhender les grands défis auxquels nous avons été confrontés ces dernières années, de la crise sanitaire à la crise énergétique.
Quels sont vos défis pour l’avenir ?
Il s’agit avant tout de pérenniser ce que nous avons construit avec l’ensemble de nos collaborateurs. Cela passe notamment par la préparation de la succession et par la transmission de ce qui a fait notre succès au fil des années.
Je suis convaincu qu’une entreprise n’atteint pas le niveau qui est le nôtre aujourd’hui si elle n’est pas un bon employeur. L’enjeu est donc de préserver cette dynamique, de continuer à faire évoluer l’entreprise tout en restant fidèle aux valeurs qui ont contribué à son développement.