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Afterwork auprès de la Direction de Costantini

50 ans après sa création, le groupe Costantini renforce ses fondations à travers une gouvernance repensée, alliant agilité, diversification et attention portée aux femmes et aux hommes qui font l’entreprise.

January 15, 2026

AUTOUR D’UN VERRE

On vous offre un verre , que prenez-vous ?

Christophe Dardenne : une bière.
Jérôme Cottet : pour moi aussi.
Isabelle Monties : une coupe de champagne.

Avec qui aimeriez-vous partager un verre ?

C.D. : J’adore le tennis. Ce serait Roger Federer.
I.M. : Une féministe. Élisabeth Badinter, par exemple.
J.C. : Je ne suis pas très people.

Quel est votre truc pour décompresser en fin de semaine ?

C.D. : Une bière.
J.C. : Du sport : course à pied ou ski, selon la saison.
I.M. : Une randonnée en famille.

Une destination pour souffler ?

I.M. : Je m’évade dans le Gers.
C.D. : La montagne, quelle que soit la saison.
J.C. : Pour moi, c’est la Corse.

 

 

Cinquante ans après sa création, le groupe Costantini continue de bâtir sur des fondations solides. Avec un comité de direction élargi et une gouvernance repensée, l’entreprise luxembourgeoise entend conjuguer agilité, diversification et attention aux femmes et aux hommes qui la font vivre, pour aborder un marché en pleine mutation.

« On n’a pas l’habitude de faire les choses comme les autres. » Christophe Dardenne, administrateur délégué du groupe Costantini et membre du comité de direction, donne le ton de l’échange. Notre rubrique Afterwork avec CEO se fera à plusieurs voix. Car, au sein de cette entreprise devenue le deuxième acteur majeur de la construction au Luxembourg, il n’y a pas un CEO unique. On y trouve un comité de direction, renouvelé à l’occasion des 50 ans du groupe et désormais constitué de neuf personnes. Ensemble, elles assurent la gestion opérationnelle du groupe, à travers toutes ses entités et services. Ils sont donc trois, autour de la table, pour échanger avec nous. Aux côtés de Christophe Dardenne, on retrouve  Isabelle Monties, en charge notamment de la gestion des Ressources Humaines, et Jérôme Cottet Dumoulin, également administrateur ayant la responsabilité de la division Construction, Promotion Immobilière et Electricité . 

 

Insuffler une nouvelle dynamique

« Notre anniversaire a constitué une opportunité de nous arrêter, pour faire le point sur le chemin parcouru, mais aussi pour considérer l’avenir et insuffler une nouvelle dynamique à notre développement », explique Christophe Dardenne. Le chemin parcouru est  considérable.

En vingt ans, Costantini est passée de 350 à 850 collaborateurs, et son chiffre d’affaires de 13 à 210 millions d’euros. Il y a aussi eu des hauts et des bas, notamment ces dernières années en raison de la crise du secteur immobilier, qui secoue encore aujourd’hui l’ensemble du marché. « Le moment nous a semblé opportun de renforcer notre gouvernance, en consolidant le conseil d’administration, en créant un conseil de surveillance composé de membres de l’ancien comité de direction, et en accueillant de nouvelles têtes dans le comité de direction », poursuit Christophe Dardenne. 

 

Reconnaissance et intelligence collective 

« La démarche contribue à reconnaître le travail de personnes fidèles et investies à nos côtés depuis des années », souligne Jérôme Cottet Dumoulin. «Chaque entité, chaque service de support, chaque territoire est représenté au sein du comité de direction, poursuit Isabelle Monties. Cette gestion collégiale permet d’aborder les enjeux sous divers angles, de mêler les points de vue. Il y a de l’écoute, de la compréhension. On peut mieux anticiper les difficultés. Cela confère plus d’agilité et conduit à des prises de décision plus éclairées pour mieux aborder l’avenir. » Ce nouveau comité de direction soutient les ambitions du groupe, qui entend continuer à grandir, et ce malgré un contexte difficile. 

 

Voir au-de là de la crise du secteur

Depuis trois ans, la crise fait des dégâts sur le marché. Costantini, toutefois, est parvenu à en limiter l’impact. « Grâce à la diversification de nos activités, à notre développement sur d’autres territoires que le Luxembourg – du Grand Est à la région parisienne – mais aussi à une gestion prudente de la trésorerie, nous avons pu traverser cette période de turbulences », explique Christophe Dardenne. Pour l’administrateur délégué et membre du comité de direction, les signaux d’alerte relatifs à un problème de fond sur le marché luxembourgeois étaient perceptibles avant l’éclatement du conflit en Ukraine et la hausse des taux d’intérêt. « Au niveau de notre activité de promotion, nous avons fait preuve d’une grande vigilance, bien avant la crise. Nous ne croyions plus aux prix du marché. La part du foncier était déconnectée de la réalité du marché et de l’évolution des salaires », confie Jérôme Cottet Dumoulin. 

 

Se renforcer, pour continuer à grandir

L’entreprise, au contraire, a profité de cette période pour se réorganiser, renforcer sa structure, améliorer sa gestion, se digitaliser et se professionnaliser (notamment à travers une démarche RSE). Elle a intégré de nouveaux corps de métier par l’acquisition de PME, développant des synergies profitables à l’ensemble du groupe. 

« Nous avons su préserver et renforcer des bases saines, qui nous ont permis de garder la confiance des banques, mais aussi des promoteurs importants », souligne Jérôme Cottet Dumoulin.

La crise, cependant, est loin d’être terminée, de l’avis des membres du comité de direction. Le marché, notamment celui du neuf, devrait encore subir une correction importante. Pour l’entreprise, qui a su préserver son activité grâce aux investissements publics ou encore en renforçant ses positions dans le génie civil, le marché devrait offrir de nouvelles opportunités.

 

Revenir à des logements « payables »

Il ne fait aucun doute, en effet, que le Luxembourg a besoin de logements. « L’enjeu n’est pas dans le manque de terrains, mais dans l’accessibilité aux biens et dans le financement. Il faut pouvoir reconquérir la confiance des ménages, avec des gages forts », commente Jérôme Cottet Dumoulin. « Au regard du prix du foncier, toujours élevé, l’une des clés de la reprise est de concevoir des logements “payables”, que les salariés luxembourgeois pourront payer. Pour cela, on peut réduire la taille ou chercher à faire des économies là où c’est possible », ajoute Christophe Dardenne. « Le marché doit retrouver une dynamique plus saine, plus apaisée. »

 

Investir dans l’humain

L’un des autres défis majeurs pour une entreprise comme Costantini réside dans l’attraction et la fidélisation des talents, à l’heure où « les jeunes préfèrent piloter un iPhone que conduire une grue ».

« Lorsque l’on regarde la pyramide des âges, on se rend compte que nous allons devoir renouveler une partie importante du personnel, explique Isabelle Monties. En matière de recrutement, il est dès lors essentiel de mobiliser tous les leviers disponibles : en travaillant sur la valorisation de nos métiers, en renforçant l’attrait du groupe. Le plus important, au-delà du recrutement, est de fidéliser les équipes, de permettre à chacun d’évoluer dans l’entreprise, de grandir. Il nous faut pouvoir offrir un plan de carrière à toute personne qui nous rejoint avec ambition, en étant à son écoute, en la responsabilisant, en lui proposant de réelles perspectives. »

C’est aussi en mettant l’humain au cœur de l’ouvrage, en bâtissant sur la confiance, que Costantini entend continuer à prospérer

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